Manon et Lynda

Manon et Lynda
Voila une fan lors d'une de ces rencontres avec Lynda à Toulouse.

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 09:27

la salle de billard

la salle de billard
Toujours j'me souviendrai de ce doux premier soir
C'est là qu'il m'a parlé de la salle de billard
Au début j'l'ai suivi, juste pour regarder
Ses belles mains s'installer au milieu des tapis

Y savait faire rouler d'une façon remarquable
Les p'tites boules colorées jusqu'aux poches de la table
Et tapis sur tapis, ça se laissait vider
Et pari sur pari, j'le voyais empocher

Y'a tant parlé d'billard qu'j'en ai eu des maux d'tête
J'en ai fait des cauchemars, j'voyais plus qu'des baguettes
Qui m'poursuivaient partout, toutes chargées d'poudre bleue
Qui m'donnaient des grands coups ou qui m'crevaient les yeux

Il allait chaque matin, chaque midi et chaque soir
Rejoindre les copains à la salle de billard
J'ai rêvé un bout d'temps d'pouvoir rivaliser
Je m'suis dit "fais semblant qu'tu t'sens pas délaissée"

J'débordais d'jalousie quand j'allais le voir jouer
J'me donnais comme défi de le déconcentrer
Mais c'était peine perdue, j'avais pas les bonnes boules
J'étais pas la bienvenue à sa chère salle de pool

J'aurais dansé toute nue sur la table d'à côté
J'peux vous gager mon cul qu'y aurait même pas bronché
C'est sûrement pas deux seins qui auraient pu le r'tenir
D'annoncer son cross coin et de le réussir

Toujours j'me souviendrai qu'au milieu d'un tournoi
J'suis allée lui donner le bel ultimatum
Quelque chose dans l'genre "C'est l'billard ou c'est moi"
Y'a gagné son tournoi, moi j'ai perdu mon chum !

# Posté le mercredi 22 août 2007 07:00

Tu t'appelles Marguerite

Tu t'appelles Marguerite
Tu t'appelles marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
quand on etait petites
tu etais la plus jolie de la classe
on revenais d'l'ecole à bicyclette
on s'planquait dans l'sous-sol
pour s'faire en cachette
nos petites confidences de fillettes
tu t'appelles marguerite
j'ai nos 23 juin au fond du coeur
on vidait nos pupitres
on faussait un "adieu m'sieur l'professeur"
puis on courait se mettre en maillots d'bain
on plantais l'arrosoir au bord du jardin
pour rire sous les gouttelettes
puis enfin

{Refrain:}
On regardait de loin
le soleil se coucher
on riait un peu moins
on etait fatiguées
on disait: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
on a la jeunesse et la chance
d'avoir une bonne amie d'enfance

l'enfance a pris la fuite
la révolte t'a frapée de plein fouet
aurais-tu eu trop vite
onze ans et plus de courbes qu'il n'en fallait
tes parents dormaient sur leurs deux oeillères
rêvant d'une honorable belle carrière
pour toi la tendre chair de leur chair
tes rêves étaient précis
t'avais ta liberté à conquérir
tu avais tant fleuri
tu sentais le bon coeur prêt à cueillir
les garçons se ruaient sur tes rondeurs
et j'en ai vu plus d'un de tirer des pleurs
mais on riait sous tes gouttelettes puis enfin

{Refrain:}
Puis un beau soir t'as fait ta valise
t'as dit: "je suis prête"
on s'est promis toutes sortes de bêtises
en riant sous des tonnes de gouttelettes

on a r'gardé de loin
le soleil se coucher
on riait un peu moins
on était fatiguées
on a dit: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
et tu es partie dans l'silence
ma bonne et seule amie d'enfance

tu t'appelle marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
t'as la chambre 108
t'es toujours la plus jolie de la place
t'as eu quelques maries et trois enfants
sui viendront p't-être a paques ou au jour de l'an
mais t'as moins de visite
depuis qu'ta memoire a foutu le camp
quand le hasard a j'té nos vieux corps
dans l'même corridor
j'ai senti monter sous mas lunettes
comme une petite marée de gouttelettes

on regardera encore
le soleil se coucher
et si jamais tu t'endors
si t'es trop fatiguée
j'te dirai: "regarde bien
le ciel est tout rosé
il fera beau demain
faudra en profiter"
mais tant qu'tu pars pas dans l'silence
j'vais t'remémorer ton enfance

tu t'appelles marguerite
j't'appelle encore la voisine d'en face
quand on était petites tu étais la plus jolie de la classe

# Posté le lundi 22 janvier 2007 08:23

Modifié le mardi 22 mai 2007 14:00

J'voudrais voir ton visage

J'voudrais voir ton visage
C'est fou c'que tu m'fais peur mon petit bout de vie,
Appuyé sur mon coeur courageusement blotti,
T'as ancré dans ma chair ton fragile rafiot,
Moi j't'envoie mes rivières, et j'te secoue d'sanglots,
J'ai peur que tu décroches, j'ai peur que tu dérives,
Mais plus je te sens proche et plus que j'ai peur qu't'arrives,
C'est fou c'que tu m'fais peur avec ton grand mystère,
J't'endends déjà qui pleure j'me vois déjà m'en faire.

J'voudrais voir ton visage, j'te voudrais déjà grand,
J'te voudrais déjà sage, et déjà éloquent,
J'ai peur de ton langage cousu de cris divers,
Que j'devrai comme toutes les mères décoder sans relâche.

C'est fou c'que tu m'fais peur mon silencieux copain,
Planté comme une fleur dans mon précieux jardin,
Cet espace de chair sans roses ni jonquilles,
Réservé au p'tit frère de ma jolie grande fille.

J'voudrais voir ton visage, j'te voudrais déjà grand,
J'te voudrais déjà sage, et déjà éloquent,
J'ai peur de ton langage cousu de cris divers,
Que j'devrai comme toutes les mères décoder sans relâche.

J'ai peur de ce regard que tu poseras sur moi,
Quand pour la première fois j'te tiendrai dans mes bras,
J'ai peur de ton soleil, j'ai peur de j'ter de l'ombre,
Sur ton premier premier éveil avec mes humeurs sombres.

C'est fou c'que j'me fais peur, je crie, je m'impatiente,
Je porte tant d'bonheur que ça m'fait mal au ventre,
J'me ronge les pouces et la panique me frôle,
Quand j'pense à ta frimousse juchée sur mon épaule.

Donne-moi du courage, je deviendrai plus grande,
Les femmes sont plus sages, chaque fois qu'elles enfantent,
J'écouterai ton langage cousu de cris d'enfants,
Et comme le font toutes les mères, j'y décoderai :
Maman

# Posté le lundi 22 janvier 2007 08:22

Modifié le mercredi 22 août 2007 07:02

si je ne te fais pas d'enfant

si je ne te fais pas d'enfant
Si je ne te fais pas d'enfant
Si je te prends ta descendance
Que je me l'étouffe en dedans
Comme on étouffe une souffrance
Si je nous prends la décision
De me barricader le ventre
Et de garder comme en prison
Des vies encore inexistantes.

Si je ne te fais pas d'enfants
Et que cette pièce de trop
Que l'on a peinte en blanc
Qui ne sert même pas de bureau
Ne devient jamais nos vies, jonchée de peluches et de jouets
Comme toutes ces chambres de petits, de petits que tu borderais
Si je me garde à l'intérieur
Si je m'enfouis comme un secret
Ce grand trésor qu'on partagerait si je n'avais pas si peur
Si je fais couler ton navire
En couvrant mon oeil de pirate
Et qu'nageant contre ton désir, indirectement je te castre

Si je ne te fais pas d'enfant
Même si je sais qu'j'en s'rais capable
Si j'me débarrassais maint'nant d'ces petits comprimés que j'avale
Qui me protégent du miracle que je pourrais bien t'accomplir
Si je te défaisais l'embâcle auquel s'accoste ton plaisir

Si je ne te fais pas d'enfant
Si j'hésite tant à plonger
C'est que je connais l'océan dans toutes ses plus sales marées
C'est que j'ai déjà consolé l'enfant d'un autre capitaine
Un que la vague à emporté
Un qui a légué trop de peine

Si je ne te fais pas d'enfant
C'est que la trouille me submerge
Moi qui pourtant voudrais tellement
En voir naître un sur notre berge

Si je ne te fais pas d'enfant
C'est que j'ai peur de notre amour
L'amour peut bien durer longtemps
Mais un enfant, ça dure toujours.
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# Posté le lundi 22 janvier 2007 08:21

Modifié le mercredi 22 août 2007 07:03